Sanofi, Air France, Fram... les annonces de plans sociaux se multiplient. Pour y faire face, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a nommé des commissaires éponymes dans chaque région. Robert Castagnac est le nouveau commissaire au redressement productif pour Midi-Pyrénées. Il était auparavant commissaire à la réindustrialisation sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il revient sur ses missions et ses moyens d'actions. Interview.
Quelle est la mission du commissaire au redressement productif et en quoi est-elle différente de celle de commissaire à la réindustrialisation ?
Nous sommes là pour faire en sorte que les outils industriels de Midi-Pyrénées soient préservés. Nous sommes des ingénieurs de solution. Une cellule régionale est créée. Elle est composée du secrétaire général pour les affaires régionales (Sgar), de la directrice de la Direccte, du directeur régional de Pôle Emploi, du directeur de la DRFIP (finances publiques) et du directeur général adjoint des services du conseil régional. Elle se réunit chaque semaine pour faire le point.
Ma mission est différente de la précédente car le dispositif est étendu dans les 22 régions, il n’y avait auparavant que quelques commissaires à la réindustrialisation. En outre, le Conseil régional fait désormais partie de la cellule. La nouveauté réside dans le fait que nous travaillons à détecter les entreprises en difficulté. Nos moyens sont ceux de l’Etat comme la médiation du crédit, du Conseil régional, des départements...
De nombreuses suppressions de postes ont été annoncés chez Sanofi, Fram ou Air France. De quels leviers disposez-vous pour intervenir ?
Les leviers sont ceux du dialogue. Nous analysons la situation avec tous les acteurs : le chef d’entreprise, les syndicats, les clients, les banquiers… Sanofi vient tout juste de présenter sa stratégie et ses priorités. Nous nous demandons quelle est sa place dans l’Oncopole. Ce dernier est une vraie plateforme dans laquelle les pouvoirs publics ont largement investi. Le dossier est la table. J’ai eu des contacts avec Sanofi. Il faut trouver le juste milieu pour l’ensemble des parties prenantes. L’idée est de chercher des solutions où qu’elles soient, en dehors de Midi-Pyrénées ou à l’international. Nous souhaitons avoir un contact avec ceux qui décident. Il est important de privilégier des circuits courts. Chaque cas est particulier. Nous travaillons également sur la tuilerie Imerys Blajan où 50 emplois sont menacés.
Avez-vous réalisé un état des lieux des entreprises en difficulté dans la région ?
Nous avons commencé le travail de détection précoce des entreprises en difficulté. Tous les acteurs sont mobilisés, les tribunaux de commerce, les chambres consulaires... Notre objectif est de trouver des solutions, pas de compter les entreprises. Plus nous pouvons travailler tôt pour trouver des solutions avec les entreprises, mieux nous pourrons résoudre les problèmes.
Wilfried Pinson
Photo © Rémi Benoit
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