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Conseil régional : les raisons de la scission de la droite

le 10/11/2010 à 17h47 — ObjectifNews.com
PolitiqueMidi-Pyrénées

Neuf conseillers régionaux ont claqué la porte du groupe d’opposition « Osons Midi-Pyrénées » présidé par Brigitte Barèges au Conseil régional, lundi 8 novembre. Aujourd’hui, c’est l’heure du point. Gérard Trémège, maire de Tarbes et leader de ce nouveau groupe baptisé « Républicains et Territoires », détaille ses griefs et annonce vouloir « sortir de l’opposition systématique ». De son côté, « Osons Midi-Pyrénées » se dit surpris par cette annonce et se défend.

Jugeant cette décision « regrettable » dans un communiqué publié lundi en soirée, le groupe Osons Midi-Pyrénées s’est dit « surpris par cette démarche inattendue pour laquelle ne nous a été donnée aucune explication. » « Depuis huit mois, il y a une véritable opposition constructive au Conseil régional. Il n’y a pas eu le moindre problème en interne. On ne l’a pas vu venir », affirme l’un de ses membres, Thierry Deville.

Des propos fermement réfutés par Gérard Trémège qui estime « qu’il ne peut pas y avoir de surprise. Ou alors, il aurait fallu être sourd et aveugle ! J’ai attendu huit mois, j’ai laissé faire les choses, je suis resté au sein du groupe un conseiller régional de base. Ce n’est ni un coup politique, ni une décision prise sur un coup de tête. Mais maintenant, nous voulons une opposition constructive, responsable et respectueuse. »

Les raisons de la scission

« Là, nous étions dans des guerres permanentes sur tous les terrains : au Conseil régional, à l’UMP… Il faut sortir des postures politiciennes qui ne sont valables que pendant la campagne », estime Gérard Trémège. Le maire de Tarbes et les membres du nouveau groupe estiment n’être d’accord « ni sur le fond, ni sur la forme » avec « Osons Midi-Pyrénées ». Gérard Trémège énumère les points de discorde : « La structuration du groupe, la manière dont les décisions étaient prises, l’utilisation des deniers du groupe… Je ne fais pas de commentaires sur les collaborateurs qui ont été embauchés, mais nous voulons désormais nous appuyer sur des compétences réelles et sérieuses. »

Côté « Osons Midi-Pyrénées », Brigitte Barèges n’était pas joignable ce mardi. Membre du groupe, Thierry Deville voit dans ce départ « surtout des rapports humains qui s’expriment. Attention à ne pas surévaluer l’importance de cet événement. » Quant aux accusations, « ses membres sont peut-être beaucoup plus consensuels que nous. Si c’est pour voter à 95% les propositions de la majorité régionale… Cela veut peut-être simplement dire qu’ils n’ont pas de projets ? Dans ce groupe figure des gens qui ne sont pas venus une seule fois aux réunions de travail. » « Osons Midi-Pyrénées » s’interroge sur les motivations de la scission : « Faut-il y voir une démarche plus générale à visée nationale dans un contexte de remaniement ministériel ? Le premier acte de démarches individuelles pour des candidatures aux prochaines élections législatives et présidentielles ? S’agirait-il de l’ultime mouvement de mauvaise humeur après des primaires à l’UMP aux élections régionales dont le résultat était pourtant sans appel ? Sinon, ne faut-il pas voir dans cette aventure une volonté de porter atteinte à la démarche de rassemblement initiée par Dominique Baudis, Jean-Luc Moudenc et Brigitte Barèges  dans le cadre des élections internes à l’UMP de la Haute-Garonne ? Ou l’ensemble de ces facteurs cumulés ? »

Et maintenant ?

Le président de Républicains et Territoires affirme que « ce n’est pas la guerre ! Il ne s’agit pas comme on peut l’entendre une fracture au sein de l’UMP, puisqu’Osons Midi-Pyrénées est sous la bannière Majorité présidentielle. » De fait, Républicains et Territoires se réclame de la même étiquette, sa composition en atteste : Gérard Trémège, Marie Déqué, Christiane Pieters et Monique Martignac (UMP), Stéphane Mirc, Jean-Luc Rivière (UMP/Parti Radical), Catherine Corrège et Laurent Cuzacq (Nouveau Centre) et Marie-Pierre Chaumette (MPF). Battu par Brigitte Barèges dans la course à l’investiture UMP lors des dernières régionales, Gérard Trémège assure qu’il ne s’agit pas d’un désir de vengeance et dresse une feuille de route pour les prochains mois. « Nous n’allons pas revenir sur les dernières élections du Conseil régional, qui nous ont vu être la liste la moins bien élue de France. Il faut repartir à la conquête de notre électorat. » Le nouveau groupe a en point de mire « la reconstruction de la droite et du centre, indispensable pour progresser aux élections cantonales de 2011, remporter les élections présidentielle et législatives de 2012 et reconquérir en 2014 les villes et territoires perdus. »

Pour Thierry Deville, « je ne suis pas sûr que les électeurs vont se retrouver dans cette décision de quitter le groupe. Et je ne vois pas ce qui va différencier leurs propositions politiques des nôtres : je suis convaincu que nous sommes en phase. A « Osons Midi-Pyrénées », nous nous bagarrons, nous proposons. Le travail de fond entrepris est en train de payer. La surprise passée, il faut revenir au fond. Quand par exemple va-t-on réfléchir à un véritable contournement routier de Toulouse ? » Brigitte Barèges quittera-t-elle son siège de conseillère régionale ? Déjà maire de Montauban et députée, elle est aussi présidente de la communauté d'agglomération de Montauban 3 Rivières. Lors de la campagne, elle avait annoncé son intention de quitter un mandat, ce qu'elle n'a finalement pas fait. L'obligation de démissionner pour cumul de mandat est actuellement suspendue à différents recours engagés par le Front National, sur lesquels le Conseil d'État se prononcera en décembre.« Actuellement, c'est prématuré, note Thierry Deville. Une démission du Conseil régional n'est pas à l'ordre du jour, rien n'est acté. »

Mikaël Lozano

En photo : Brigitte Barèges, chef de file d’ « Osons Midi-Pyrénées » et Gérard Trémège, président de « Républicains et Territoires » (© Rémi Benoit)

Auteur : ML 
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