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La start-up toulousaine créatrice du trottoir électrique s'expatrie à New York

le 13/08/2012 à 09h26 — ObjectifNews.com
InnovationMidi-Pyrénées

Le brevet du trottoir électrique a été vendu à l'entreprise américaine Harvest Energy

Le brevet du trottoir électrique détenu par la start-up toulousaine Viha Concept a été vendu à une entreprise américaine faute d’avoir trouvé un financement en Midi-Pyrénées. Laurent Villerouge, le président de Viha Concept estime que le système français est verrouillé. Il a décidé de fermer son entreprise et de s’installer à New York en 2013.

Le président de Viha Concept, Laurent Villerouge, ne décolère pas. Faute de financement il a dû se résoudre à vendre son brevet de trottoir électrique, développé avec l’Enseeiht (Ecole nationale supérieure d'électrotechnique, d'électronique, d'informatique, d'hydraulique et des télécommunications) et des PME toulousaines sous-traitantes, à l’entreprise californienne Harvest Energy.

Le trottoir électrique est composé de dalles au sol qui, lorsque les passants marchent dessus, transforment l’énergie mécanique des passants en énergie électrique alimentant des lampadaires à leds. Des tests avaient été réalisés sur les allées Roosevelt à Toulouse au mois d’avril.

Pour développer son idée, Laurent Villerouge avait besoin d’1,3 million d’euros. Mais malgré son parcours du combattant, son dossier a été refusé. « J’ai présenté mon dossier au Conseil Régional, à la Caisse des Dépôts et à Oséo. J'ai compris qu'ici on soutient l’aéronautique et la chimie ou que c’est trop long à mettre en place », regrette le président de Viha Concept.

Laurent Villerouge avait également remis son dossier à Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Écologie, lorsqu’elle était venue le 21 février dernier pour le forum de l’innovation Futurapolis. « Mon dossier a été perdu et n’a jamais abouti », pointe le président de la start-up.

En colère, le chef d'entreprise a fait parvenir à différentes rédactions, une lettre de sa banque lui signifiant qu'il a dépassé de 154 € son autorisation de découvert fixée à 7 400 €. « Cela montre à quel point les banques locales aident les PME et notamment Viha Concept », commente ironique Laurent Villerouge. 

L'entrepreneur estime que « c’est un problème de mentalité ». Un sentiment partagé par Alexandre Marciel, adjoint au maire en charge de l’éclairage public, qui soutient le projet. « Il y a un problème culturel à l’endroit d’une nouvelle source d’énergie, l’energy harvesting, qui permet de recycler l’énergie de l’activité urbaine. Quand on parle d’énergies renouvelables, les financements sont fléchés vers la méthanisation, le solaire… », explique l’élu.  Selon lui, la « municipalité a fait le maximum. Nous avons tenté à tous les niveaux. Je pense que ce départ est l’arbre qui cache la forêt. Il y a de nombreux chefs d'entreprise qui quittent la France pour des pays plus accueillants » analyse Alexandre Marciel.

Un nouvelle entreprise à New York en 2013

Face au système qu’il juge « verrouillé », le président de Viha concept a choisi de partir aux États-Unis. Il s’est alors rapproché du MIT( Massachussets institute of technology) de Boston qui l’a mis en contact avec la Stony Brook University de New York. Il a alors rencontré le chercheur Lei Zuo, spécialiste de l’energy harvesting. « Pour signer un contrat de partenariat avec l’université de New York, il m’a fallu 4 heures », fait remarquer le chef d’entreprise.  « Aux États-Unis, on regarde d’abord le projet et de quelle manière vous allez le développer. En France, on regarde de quelle somme vous disposez, quels diplômes vous avez et après on s’attarde sur le projet », peste Laurent Villerouge.

L’entrepreneur a décidé de fermer sa start-up et de remonter une entreprise à New York début 2013. Il travaillera avec Lei Zuo, le chercheur de la Stony Brook University. Les brevets seront mis en commun. La vente du brevet de trottoir électrique, dans lequel est prévu un fixe et des royalties, lui permet de s’implanter et de développer un nouveau projet: il s’agit de récupérer l’énergie de l’essorage d’un lave linge pour faire chauffer l’eau chaude.

Laurent Villerouge estime que deux à trois ans seront nécessaires pour le développement.Le chef d'entreprise espère atteindre le chiffre d’affaires de « 2 ou 3 M$ par an » à partir de 2015.

Wilfried Pinson

© Photo Patrice Nin

Auteur : ML 
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