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Sanofi Toulouse : les salariés en grève jeudi, les élus s'emparent du problème

le 10/07/2012 à 18h06 — ObjectifNews.com
EconomieMidi-Pyrénées

Une partie des salariés de Sanofi ont manifesté devant le site toulousain

647 salariés toulousains du groupe pharmaceutique Sanofi sont menacés de perdre leur emploi. Le site, installé sur l'Oncopole et dédié à la recherche, pourrait faire les frais d'une restructuration. Le maire de Toulouse, Pierre Cohen, doit rencontrer demain le président du groupe, Christian Lajoux. Les employés toulousains seront en grève jeudi 12 juillet, date du comité centrale d'entreprise extraordinaire qui pourrait permettre d'en savoir plus sur l’avenir du site toulousain.

Les 647 salariés du site toulousain de Sanofi, consacré à la recherche, sont inquiets après l’annonce du président, Christian Lajoux, d'une prochaine réorganisation des activités du groupe. Jeudi dernier, entre 300 et 350 personnes se sont rassemblés pour manifester devant le site toulousain. Les syndicats attendent maintenant le comité centrale d'entreprise extraordinaire du jeudi 12 juillet qui doit décliner par activité la restructuration du groupe. Une journée de grève est prévue sur le site ce jour là ainsi qu'un pique-nique devant l'entreprise. Une partie des salariés devrait également se rendre en bus à Paris. 

« Les emplois sont menacés. Ce qui se dessine, c’est un regroupement avec la mise en place de deux pôles, l’un à Lyon et l’autre à Paris. Sanofi a déjà réduit les effectifs de la branche recherche en fermant les sites de Milan et Budapest », souligne Pascal Delmas, délégué syndical CFDT. Ce dernier craint que le groupe veuille se séparer de la recherche. « On a l’impression que Sanofi ne veut plus supporter le coup de la recherche. Ils vont racheter des molécules issus de start-up au lieu de faire confiance à leur propre section », prédit Pascal Delmas.

Dans un compte-rendu du comité du groupe France du 5 juillet dernier, adressé aux salariés, Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi, parle « d’une productivité insuffisante de la recherche ». Il explique que la « perte des brevets aux États-Unis de deux de nos médicaments phares, Plavix et Avapro » entraînera un « impact annuel estimé à environ 2 milliards d’euros » sur le résultat du groupe. Pour les sites de la Ville rose et de Montpellier, la direction nationale précise : « La vocation du site de recherche de Toulouse reste à préciser. Toutes les options seront étudiées. Le site de Montpellier évoluerait progressivement vers un centre stratégique dédié au développement. »

Une rencontre demain
entre Pierre Cohen et Sanofi

L’éventuel départ de Sanofi pourrait également impacter l’Oncopole. « Nous sommes vigilants, attentifs et nous serons dynamiques sur les options proposées par la direction de Sanofi », explique Benjamin Gandouet, directeur de l’association de l’Oncopole de Toulouse. Il se dit néanmoins « surpris que le groupe fasse fi du partenariat avec l’Oncopole. Les équipes de recherche de Sanofi sont inclus dans la dynamique de recherche du site. Nous sommes reconnus comme un projet structurant, nous avons été labellisé Investissements d’avenir et nous avons consolidé nos accords de collaboration avec eux. » Des rencontres sont prévues avec Sanofi en septembre dans le cadre de la phase de dialogue et de concertation avec les partenaires sociaux.

Les élus se sont eux aussi emparés du problème. Le président du Conseil régional, Martin Malvy, a écrit au président de Sanofi Christian Lajoux pour « attirer son attention sur le site de Toulouse et l'importance qu'il revêt pour l'avenir de l'Oncopole, dont il est l'un des indiscutables atouts ». Pierre Izard, le président du Conseil général de Haute-Garonne, évoque également l’avenir du site spécialisé dans la recherche contre le cancer. « Renoncer par pure logique financière de participer à un projet de stratégie médicale et industrielle de dimension européenne tel que l’Oncopole reviendrait pour une entreprise comme Sanofi à hypothéquer par aveuglement économique son propre avenir. De tels processus sont inacceptables au regard des conséquences qu’aurait pareille décision ! »

Le maire de Toulouse, Pierre Cohen  trouve « inadmissible »  et « incompréhensible » l’annonce de Sanofi. « Il y a à peine un an, j'étais invité par les dirigeants de Sanofi pour visiter une nouvelle chimiothèque sur le site toulousain de l'Oncopole. C’est une entreprise qui a beaucoup investi mais également beaucoup touché d’argent public » a commenté l’élu. Il rencontrera demain Chritian Lajoux pour manifester son mécontentement. 

Le président du Ceser Jean-Louis Chauzy a lui écrit aux ministres de l'enseignement supérieur et de la recherche et du redressement productif, réclamant « l'organisation d'une réunion interministérielle sur les projets de Sanofi ».

Jean-Luc Moudenc, président de l’UMP 31 et député de la 3e circonscription de Haute-Garonne, indique dans un communiqué que « ce retrait met donc en péril l’avenir de la recherche de pointe contre le fléau du cancer. Ce serait très préjudiciable pour Toulouse, mais aussi pour la recherche médicale d’une manière générale. » Il précise qu’il va « interroger par une question écrite à ce sujet » le  ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Wilfried Pinson

Photo © Rémi Benoit

Auteur : ML 
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