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Cantonales. Un élu Vert mais pas de Front national en Midi-Pyrénées

le 29/03/2011 à 17h47 — ObjectifNews.com
PolitiqueMidi-Pyrénées

Pas un seul des 12 candidats présentés par le Front national en Midi-Pyrénées lors du deuxième tour des cantonales n’aura réussi à l’emporter. Dans le même temps, la région compte un conseiller général Vert pour la toute première fois, sur un canton historiquement PS, celui de Toulouse 13. La Haute-Garonne affiche une fois de plus une abstention record à 54,63 %.

Un Conseil général de Midi-Pyrénées compte enfin un élu Vert dans ses rangs. C’est en Haute-Garonne, plus précisément sur le canton de Toulouse 13 (Colomiers, Ancely, Saint-Martin du Touch) que Patrick Jimena, candidat d’Europe Écologie les Verts a remporté le deuxième tour des élections cantonales ce dimanche 27 mars. Un canton que le PS détenait sans interruption depuis 1973. Avec 51,47 % des suffrages, le nouveau conseiller général l’a emporté de 324 voix sur l’adjoint au maire de Colomiers Patrick Bégué. « C’est la victoire du peuple, des réseaux, de beaucoup d’habitants dans les quartiers, de salariés qui vivent des choses pas évidentes, de gens qui veulent du changement » explique le nouveau conseiller général. Pour ce directeur d’une association d’éducateurs de rue, lui-même éducateur spécialisé de formation, c’est le pragmatisme de ses propositions qui l’a emporté : « Parlement du canton, jumelage entre territoires ruraux et cantines des collèges, garages à vélos associatifs dans les gares, Fabrique de l’autonomie, lutter contre la violence en ne laissant personne sur le bas-côté… mon programme se voulait concret, local et porteur de valeurs. »

Une victoire saluée par Jean-Jacques Bolzan, secrétaire départemental du Parti Radical et candidat battu au premier tour sur le canton 13, qui dans un communiqué envoyé ce lundi matin se réjouissait « d'avoir appelé à voter pour lui au deuxième tour. Il était temps de mettre un terme à ce système PS à Colomiers que j'ai de nombreuses fois dénoncé dans la presse, sur les marchés... » Jean-Luc Moudenc, président de l'UMP 31, se félicitait tout autant de la réussite écologiste : «Si nous n'avions pas voté pour les Verts, ce bastion emblématique du Ps ne serait pas tombé ! »

Au final, ces élections cantonales auront fait perdre 5 sièges au Parti Socialiste en Haute-Garonne (Cintegabelle, Toulouse 13, Rieumes, Saint-Martory et Saint-Gaudens). Une perte qui ne profite pas vraiment à l’UMP qui ne récupère qu’un seul de ces sièges (Rieumes) et qui voit une fois de plus le canton symbolique du centre-ville de Toulouse lui échapper. La candidate PS Marie-Christine Lafforgue y précède la candidate UMP Christine de Veyrac avec 55,27 % des voix contre 44,73 %.

Les 6 candidats FN encore en lice en Haute-Garonne (Blagnac, Fronton, Montastruc-la-Conseillère, Muret, Tournefeuille et Toulouse 14) ont de leur côté été balayé avec des scores moyens ne dépassant pas les 35 %. À Montastruc-la-Conseillère notamment, le candidat PS André Laur a rassemblé 74 % des suffrages. Le député-maire de Toulouse Pierre Cohen s'est dit « tout particulièrement choqué par le comportement de certains responsables politiques, nationaux ou locaux, qui n’ont pas appelé à battre l’extrême droite lors de ce second tour ». Le Parti communiste quant à lui passe de 1 à 2 sièges en remportant les cantons d'Aurignac et pour la première fois celui de Saint-Martory.

Les résultats département par département

L’Aveyron toujours à part. Le Conseil général de l’Aveyron, présidé par Jean-Claude Luche, reste le seul de Midi-Pyrénées aux mains de la droite. L’ancien arbitre international Bernard Saules lui permet de reconquérir le canton de Rodez-Est face au sortant PS Stéphane Bultel. Au total la droite compte 26 cantons sur 46.

Le PS à la peine dans les Hautes-Pyrénées. Le Parti socialiste fait une mauvaise opération en perdant deux cantons, et peut-être la présidence du Conseil général des Hautes-Pyrénées. Le PRG Michel Pelieu, élu dès le premier tour, est en position de ravir le siège à la sénatrice PS Josette Durieu. L’arbitre sera le maire PCF Jean Buron, soutenu par le PRG au 2e tour.

Le Gers à gauche toute. Huit cantons gersois étaient en balance au second tour : sept ont été remporté par des candidats de gauche. La droite perd notamment le canton de Montréal-du-Gers, anciennement détenu par le secrétaire départemental Gérard Bézerra et qui ne se représentait pas. La gauche détient désormais 26 sièges dans l’hémicycle départemental, alors que l’opposition tombe de 10 à 5 sièges.

Carton plein pour le PS en Ariège. Sept sur sept pour les candidats socialistes : tous sont réélus. Et comme l’UMP Alain Bari est réélu sur le canton de Sainte-Croix-Volvestre, la composition du Conseil général ariégeois reste inchangée avec 18 élus PS, 1 divers gauche et 3 UMP ou apparentés. Le président Augustin Bonrepaux devrait donc repartir pour un dernier mandat.

Plus d’UMP dans le Tarn-et-Garonne. Le seul candidat UMP sortant, le maire de Caussade François Bonhomme, est battu par le PRG Jacques Tabarly. L’UMP n’a donc plus aucun représentant élu. Pas plus d’ailleurs qu’il n’y aura d’élue au sein de l’assemblée départementale. La plus grosse surprise vient de Castelsarrasin où la députée PRG Sylvia Pinel est battue par Jean-Philippe Bésiers (divers gauche, exclu du PRG).

Pas de surprise dans le Tarn. Le 1er tour avait débouché sur des élections directes dans 11 cantons sur 23. Les douze derniers ont vu la réélection de 12 candidats sortants. La gauche comptera 33 sièges sur 46 à l’assemblée départementale. L'UMP passe de 6 à 5 sièges, ce qui profite aux divers droite (de 6 à 7). A noter que le Front national frôle les 40% à Mazamet et à Graulhet.

Lot : le président sortant de justesse. Gérard Miquel, président PS sortant du Conseil général, bat de neuf voix l’écologiste Evelyne Liarsou. Rien ne dit que les choses en resteront là puisque les représentants d’Europe Ecologie Les Verts ont décidé de déposer un recours pour invalider l’élection. Au plan départemental, le PRG perd un siège au profit du PS et un second au profit d’un candidat divers gauche.

Les réactions

Martin Malvy, président du Conseil régional : « La Gauche confirme largement ses positions en Midi-Pyrénées  et, sur le plan national, gagne plusieurs nouveaux départements. C’est l’enseignement majeur de ce scrutin, en même temps que l’effondrement du parti de Nicolas Sarkozy, qui aura joué dans cette consultation une partition inquiétante en flirtant avec l’extrême-droite, ou – perdu pour perdu – en cherchant à déstabiliser les sortants. Si l’on veut pour l’avenir donner à Gauche une signification à cette élection qui demeure locale, c’est celle du rassemblement nécessaire des familles qui la composent et du respect du désistement en faveur de son candidat le mieux placé au premier tour. Il a parfois fait défaut. »

Jean-Luc Moudenc, président de l'UMP 31 : « Au plan national, le fait majeur est le grand désarroi des électeurs, avec un fort taux d'abstention, le recul de la majorité gouvernementale et la poussée de la gauche. De manière inattendue dans ce contexte, en Haute-Garonne nous conservons deux cantons, où nous améliorant nos scores de 2004, et nous reconquérons celui de Rieumes. Nous regagnons des points par rapport aux élections régionales. C'est le début de quelque chose, d'un mouvement modeste de reconquête et le signe que notre discours, le combat de l'hégémonie socialiste en Midi-Pyrénées, commence à passer. Dès maintenant je souhaite que nous nous projetons, au-delà de 2012, vers les élections municipales et territoriales, partout en France. »

Sébastien Denard, premier secrétaire fédéral Ps 31 : « Première satisfaction, même si leurs résultats me paraissent inquiétants, n'avoir aucun candidat FN élu en Haute-Garonne. Nous sommes également satisfaits de la bonne tenue des forces de gauche sur le département, mis à part à Saint-Gaudens et Rieumes. Une déception évidement sur Toulouse 13 pour le Ps, mais pas forcément pour la gauche étant donné que c'est un candidat Vert qui l'a emporté. Nous allons maintenant analyser canton par canton les résultats et tenter de comprendre ce qui est à l'origine d'un tel taux d'abstention. Un travail nécessaire en prévision de 2012, une échéance sur laquelle nous somme désormais clairement tournés. »

Jean-Jacques Bolzan, secrétaire du Parti radical 31 : « La logique de Jean-Louis Borloo de constituer une force politique nouvelle se trouve confirmée par la séquence des cantonales. C'est la confirmation d'un message qui avait déjà été envoyé aux régionales par les électeurs et qui se caractérise par une montée de l'abstention et du vote extrême. A l'époque, l'exécutif avait déjà évoqué la nécessité d'engager "une nouvelle étape du quinquennat". »

Marie Grivot et Mikaël Lozano

En photo : seul le département de l'Aveyron reste à droite (© Rémi Benoit)

Auteur : ML 
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